Le pire trajet de ma vie !
Tout commence le 11 décembre dernier avec ce tour hivernal de 54 km (voir ci-dessus) montant jusqu'à 1100 m d'altitude par ~10° mais avec un grand soleil et effectué presque facilement grâce à la protection complète qui coupe le vent et permet d'avoir bien chaud. Du coup le 30 décembre je me motive à faire un classique de 80 km avec col à 1260 m pour aller retrouver des amis le lendemain pour le nouvel an. Il fait plus froid (0° au départ) mais le soleil est annoncé toute la journée.
Peu avant midi (trop tard à cette période), et après avoir englouti un brunch inhabituel (grave erreur), je m'élance sans moteur (erreur #3) avec les baskets automatiques (#4) pour ce qui aurait dû être un beau trajet à la fois sportif et agréable. Mais dés la première montée je ne me sens pas très bien, pas la grande forme, à moins que ce ne soit le vent de face qui se lève…
Je continue et découvre que la protection n'est vraiment pas idéale avec les 40 km/h de vent annoncés. Certes le vent de face n'est jamais agréable, mais ce n'est rien en comparaison de lorsque la route sinue dans la vallée et que je me retrouve avec un vent latéral qui appuie sur le côté de la protection et me demande de maintenir fermement les leviers de direction pour le pas trop faire d'écart. C'est usant.

La protection est située très majoritairement au-dessus de l'axe de roulis en rouge (position approximative)
En effet la protection est située très majoritairement au-dessus de l'axe de roulis ce qui a pour effet que le vent latéral le fait tourner si l'effort n'est pas repris au travers des leviers de direction par le.a pilote. Alors en temps normal il suffit de retirer les côtés, mais dans ces conditions cela revient à se farcir le vent glacial (et je n'ai pas encore cousu de housses pour transporter les côtés enroulés). Bref, à ce moment je préfère être chahuté mais éviter le grand froid 🥶.
Heureusement après 20 km j'arrive dans une petite ville que je travers à la recherche du premier lieu chauffé ouvert au public. Je me réfugie dans un restaurant le temps de récupérer mes orteils. Car oui, la protection complète permet de gagner au moins 5° en température ressentie sur le haut du corps, mais les pieds restent eux relativement exposés. Et avec les baskets vélo et leur plaque métallique sous l'avant du pied servant à y fixer la cale, les grosses chaussettes ne suffisent pas à leur épargner le froid. Heureusement, le mouvement continu semble par contre éviter que les orteils ne gèlent, c'est déjà ça 😅. Par contre impossible de faire encore 60 km dans ces conditions, je choisis d'écourter à la gare à 20 km et de continuer en train. Reste donc encore ces 20 km et le col 260 m plus haut, faut pas traîner.

En haut du col, le soleil disparu 🥶
J'escalade la montagne tant bien que mal, la forêt alentours ayant pour avantage de couper le vent, et parviens enfin au col, le soleil m'ayant entre-temps lâchement abandonné (comme macron, mais je m'égare). Je découvrirai plus tard qu'il devait faire entre -6° et -8°C à ce moment. Et c'est un problème puisque mes vitesses ont de plus en plus de mal à passer, jusqu'à ce que je me retrouve bloqué en 2e vitesse sur le pignon de 30 ou 32 dents. Je finis par faire l'hypothèse qu'à cette température la gaine s'est rétractée suffisamment autour du câble pour le serrer complètement, et me fait la promesse de ne plus jamais acheter autre chose que du pur shimano ! Pareil pour les freins arrières à câble qui ne bougent plus, mais bizarrement par pour le dérailleur avant (gaine d'une autre marque) ni évidemment pour le frein avant hydraulique qui m'aura donc sauvé... Bref, pour couronner le tout je me tape donc la descente en 2e vitesse et 3e plateaux (#croisementdechainedefou) ce qui me permet de mouliner jusqu'à…. ~15 km/h 🥶😱🤬. Après la plus longue et lente descente de ma vie, je me précipite dans la salle d'attente de la gare, heureusement chauffée.
Mais ce n'était pas finit puisqu'après un sympathique nouvel-an il me fallait faire le trajet inverse. Je ne m'étendrai pas sur les détails, le vent étant toujours de la partie, mais j'ai au moins pu découvrir qu'une ouverture même partielle des portes diminuait déjà grandement la prise au vent latérale (prévoir par contre une attache en position ouverte sinon elles battent au vent).
Conclusion : la protection complète possède plein d'avantages, mais elle ne fait pas non plus de miracles au niveau thermique et il est inutile de vouloir bénéficier des côtés par plus de 20 km/h de vent. Aussi il vaut mieux avoir des chaussures adaptées et des câbles-gaines shimano (test à faire) lorsqu'on sort par 0°C ou moins 😅.
L'on ne m'y reprendra plus !


Données et suivi de l'aller-retour…